Conduire au Japon n’est pas aussi intimidant qu’on le croit. Oui, on roule à gauche. Oui, les panneaux sont en japonais en dehors des axes principaux. Mais les routes sont en excellent état, la conduite est disciplinée, les GPS intégrés aux voitures de location fonctionnent parfaitement en anglais, et les Japonais sont probablement les conducteurs les plus courtois du monde. Sur beaucoup de destinations, la voiture ouvre des accès que le train ne permet tout simplement pas.
Les régions rurales du Japon, la péninsule de Shimokita dans le Tohoku, les routes côtières de Shikoku, les cols des Alpes japonaises, les villages d’Hokkaido au milieu des champs de lavande en juillet : tout cela ne peut pas vraiment se faire sans voiture. Le réseau ferroviaire japonais est dense et efficace dans les corridors touristiques, mais dès qu’on s’en écarte, la voiture devient le seul moyen de voyager à son rythme.
Dans ce guide, nous vous expliquons tout ce qu’il faut savoir pour conduire au Japon : les démarches avant le départ, les règles de conduite, comment louer une voiture et quels itinéraires valent vraiment le détour.
La voiture s’intègre naturellement dans certaines étapes de votre séjour. Notre guide Itinéraire Japon 2 ou 3 semaines vous aide à planifier votre séjour au mieux.
Conduire au Japon : ce qu’il faut préparer avant le départ
La traduction de permis
Le permis de conduire international n’étant pas reconnu au Japon, il est demandé de présenter une traduction de permis certifiée accompagnant le permis français.
Cette traduction ne peut être obtenue depuis la France mais uniquement au Japon, auprès de la Japan Automobile Federation (JAF).
La demande peut se faire directement sur la page officielle de la JAF. Attention toute fois, vous ne pourrez faire la demande qu’une fois sur le territoire japonais. Le prix est d’environ 4.000¥ (~21€) et le document sera délivré dans un délai de 2 semaines maximum.
Si vous souhaitez recevoir votre traduction de permis avant votre arrivée au Japon, vous pouvez également passer par une agence de voyages possédant son propre bureau sur place. Le prix sera par contre plus élevé (environ 60€).
Choisir sa société de location
Les principales sociétés de location internationale (Hertz, Budget, Avis, Enterprise) sont présentes dans les grands aéroports japonais, mais les agences locales sont souvent moins chères et tout aussi fiables. Toyota Rent a Car, Nissan Rent a Car et Times Car sont les trois références locales : bon état des véhicules, personnel souvent bilingue dans les zones touristiques, et tarifs compétitifs.
La réservation en ligne depuis la France est fortement recommandée, surtout pendant les périodes de pointe (Golden Week début mai, Obon mi-août, feuillages d’automne en novembre à Hokkaido). Lors d’un road trip dans les Alpes japonaises en octobre, nous avons constaté que beaucoup d’agences de Matsumoto étaient complètes sans réservation préalable le week-end du koyo : une situation facilement évitable.
Quel type de véhicule choisir ?
Le Japon a une catégorie de véhicule qui n’existe nulle part ailleurs : la kei car, ou voiture légère. Ces petites voitures de gabarit réduit (moins de 3,40 m de long) représentent environ 40 % des immatriculations japonaises. En ville et sur les routes de montagne étroites, elles sont très pratiques. Pour un road trip à deux avec des bagages, une voiture compacte de catégorie standard sera plus confortable.
Pour conduire au Japon en familles ou en groupes de 3-4 personnes, les monospaces japonais (Toyota Noah, Honda Stepwgn) sont spacieux et très maniables malgré leur gabarit.

Conduire au Japon : les règles à connaître
On roule à gauche
La règle la plus importante et la moins oubliée une fois sur place. On roule à gauche, on double par la droite, on tourne à gauche en priorité. Après quelques kilomètres, le réflexe vient naturellement, surtout si vous avez déjà conduit au Royaume-Uni ou en Australie.
Le moment le plus risqué, dans notre expérience, n’est pas sur autoroute mais à la sortie d’un parking ou d’une station-service, quand on repart « de l’intérieur » et que l’instinct peut pousser à se rabattre du mauvais côté. Soyez particulièrement vigilant dans ces situations de redémarrage.
Les limitations de vitesse
- En ville : 30 à 50 km/h selon les zones
- Routes nationales : 60 km/h
- Voies express : 80 à 100 km/h selon les sections
Les radars automatiques sont nombreux, discrets et très efficaces. Les amendes pour excès de vitesse sont élevées (à partir de 15 000 yens pour 20 km/h au-dessus), et le système de points s’applique aussi aux conducteurs étrangers via les sociétés de location qui répercutent les amendes sur la carte bancaire, parfois plusieurs semaines après le retour.
Les péages et l’ETC
Le réseau autoroutier japonais est à péage, et les tarifs sont sensibles : un Tokyo-Kyoto en voiture coûte environ 5 000 à 7 000 yens de péages selon l’itinéraire. Pour régler aux péages, deux options : le paiement en espèces aux guichets manuels (les seuls accessibles sans équipement spécifique), ou la carte ETC (Electronic Toll Collection). Beaucoup de sociétés de location proposent l’ETC en supplément (environ 330 yens par jour de location) : c’est pratique car il permet de passer sans s’arrêter, mais le règlement se fait via la société de location à la fin du séjour.
Ce qui est interdit et très contrôlé
- L’alcool au volant : tolérance zéro au Japon. Le taux légal est de 0,15 g/L de sang, bien inférieur au seuil français. En pratique, n’avalez rien avant de conduire.
- Le téléphone tenu en main : amende et points retirés. Les supports magnétiques pour téléphone sont acceptés.
Ces infractions font partie des erreurs les plus communes commises par les voyageurs étrangers au Japon. Notre guide 15 erreurs à éviter au Japon liste les autres faux pas à connaître absolument avant de partir, sur la route comme en dehors.
Les meilleurs itinéraires pour conduire au Japon
Hokkaido : l’île du grand espace
Hokkaido est la destination road trip par excellence au Japon. Ses routes rectilignes à travers les champs de blé et de tournesols, ses cols alpins au-dessus des lacs volcaniques de Toya et Mashu, ses petits ports de pêche sur la péninsule de Shiretoko : tout cela est inaccessible sans voiture, ou très difficilement.
Notre itinéraire favori : Sapporo → Furano → Biei → Asahikawa → Parc national de Daisetsuzan → Abashiri → Shiretoko.
Comptez 7 à 10 jours pour ce circuit en partant et en revenant à Sapporo. Les routes sont larges, le trafic faible, et les paysages changent toutes les heures.
Hokkaido est d’ailleurs l’une des destinations que nous recommandons particulièrement aux voyageurs solos.
Notre guide Voyager seul au Japon vous explique pourquoi la voiture est un atout supplémentaire pour voyager en solo dans l’île, loin des circuits de groupe.
Les Alpes japonaises : cols et villages de montagne
La région de Nagano, Matsumoto et Takayama se parcourt idéalement en voiture. La route qui relie Matsumoto à Takayama en passant par le col de Norikura (3 026 m, accessible en voiture jusqu’au parking à 2 700 m) est l’une des plus belles routes de montagne du Japon. Le village de Shirakawago et ses maisons gasshō-zukuri aux toits de chaume, classées à l’UNESCO, sont bien plus agréables à visiter le matin tôt avant l’arrivée des cars de touristes.
Pour planifier votre séjour dans la région de Kyoto et Nara avant ou après les Alpes japonaises, notre guide Quand partir au Japon vous donne le calendrier idéal selon les saisons.
La péninsule de Kii et les chemins de pèlerinage
La péninsule de Kii, au sud d’Osaka, est l’une des régions les moins touristiques du Japon et l’une des plus belles. Ses forêts de cryptomères millénaires, ses sanctuaires Shinto isolés dans les montagnes (Kumano Hongu Taisha, Nachi Taisha), ses villages de pêcheurs sur la côte : tout cela ne se visite bien qu’en voiture. Le train dessert les côtes, mais l’intérieur de la péninsule n’est accessible qu’en voiture ou à pied sur les sentiers de pèlerinage Kumano Kodo.
Shikoku : l’île des 88 temples
Shikoku est l’île du pèlerinage d’Emon Saburo, 88 temples bouddhistes reliés par un chemin de 1 200 km que les pèlerins (henro) parcourent en marchant pendant plusieurs semaines. En voiture, on peut en visiter une sélection en 5 à 7 jours, sur des routes côtières tantôt vertigineuses au-dessus de l’océan Pacifique, tantôt plongées dans des forêts de bambous. La préfecture de Kochi, moins fréquentée que les autres, est particulièrement belle.
Informations pratiques pour conduire au Japon
Combien coûte la location d’une voiture au Japon ?
Les tarifs varient selon la saison et le type de véhicule :
| Type de véhicule | Tarif indicatif / jour |
|---|---|
| Kei car (voiture légère) | 4 000 à 8 000 yens |
| Compacte (type Yaris) | 6 000 à 10 000 yens |
| Monospace familial | 10 000 à 15 000 yens |
| Option ETC | • 330 yens/jour |
| Assurance complémentaire | • 1 000 à 2 000 yens/jour |
À ces tarifs s’ajoutent les péages autoroutiers et l’essence (environ 175 yens/litre en 2025). Pour un road trip de 7 jours à Hokkaido avec une compacte, prévoyez 50 000 à 70 000 yens de budget voiture au total (location + péages + essence).
Pour intégrer ce budget dans votre enveloppe globale, notre guide budget voyage au Japon vous donne une vision complète par poste de dépense.
Les GPS et la navigation
Tous les véhicules de location au Japon sont équipés d’un GPS intégré. La plupart proposent une interface en anglais. La navigation par numéro de téléphone est très répandue : plutôt que de saisir une adresse (souvent complexe en japonais), vous entrez le numéro de téléphone du lieu de destination, et le GPS le géolocalise directement. C’est une pratique locale très pratique à connaître.
Google Maps fonctionne également très bien au Japon et est utilisable hors ligne si vous téléchargez les zones avant de partir. Téléchargez aussi la carte de Hokkaido ou de Shikoku en mode hors ligne avant de partir dans des zones de montagne où le réseau peut être capricieux.
Les stations-service
Les stations-service sont nombreuses sur les routes principales, moins en zone rurale isolée. Faites le plein dès que vous descendez sous la moitié du réservoir dans les régions éloignées. Les stations sont soit en libre-service (seru suteishon), soit avec personnel : dans ce dernier cas, un employé viendra remplir votre réservoir et nettoyer votre pare-brise, parfois même vos vitres latérales. Précisez man-tan (plein) ou le montant souhaité.
Questions fréquentes – Conduire au Japon
Peut-on conduire au Japon avec son permis français ?
Non, le permis français seul ne suffit pas. Vous devez également présenter une traduction de permis officielle. La demande se fait directement sur le site officiel de la JAF, depuis le Japon.
Est-il difficile de conduire à gauche au Japon pour un Français ?
La plupart des conducteurs s’y habituent rapidement, souvent après quelques dizaines de kilomètres. Les moments les plus délicats sont le démarrage depuis un parking ou une station-service, et les intersections en ville. Le volant est à droite, ce qui change aussi la position des rétroviseurs. Comptez une demi-journée pour vous sentir vraiment à l’aise.
Vaut-il mieux prendre le train ou louer une voiture au Japon ?
Cela dépend entièrement de votre itinéraire. Pour les circuits classiques (Tokyo-Kyoto-Osaka), le Shinkansen est plus rapide, plus économique et sans contrainte de stationnement. La voiture devient vraiment utile pour les régions rurales : Hokkaido, les Alpes japonaises, Shikoku, la péninsule de Kii, Kyushu intérieur. Beaucoup de voyageurs combinent les deux : train pour les grands axes, voiture pour des portions spécifiques.
Les panneaux de signalisation au Japon sont-ils en anglais ?
Sur les autoroutes et les routes nationales principales, les panneaux sont systématiquement bilingues (japonais et anglais). Dans les zones rurales et les petites routes, les panneaux peuvent n’être qu’en japonais. Un GPS avec interface en anglais est indispensable pour naviguer sereinement hors des grands axes. Google Maps en mode hors ligne est un bon complément.
Conclusion
Conduire au Japon, c’est accéder à une version du pays que la majorité des touristes ne voit pas. Les routes de montagne vides au petit matin dans les Alpes japonaises, les fermes de lavande d’Hokkaido sous un ciel d’été, les villages de pêcheurs de Shikoku coincés entre la mer et la montagne : ce Japon-là n’est pas dans les circuits organisés. Il s’atteint au volant, en prenant le temps de s’arrêter quand un chemin attire l’œil ou qu’une vue mérite cinq minutes.
La préparation est simple : permis international à faire avant de partir, réservation de voiture en avance dans les périodes chargées, et quelques règles de base à mémoriser. Le reste vient naturellement.
Pour intégrer un road trip en voiture dans votre programme complet, notre guide Itinéraire 10 jours au Japon vous propose des combinaisons train/voiture optimisées selon vos étapes.
Bon voyage !
